Les impacts des parcs scientifiques à travers la contribution des innovations sociales et des sciences sociales et humaines

Collection

Études théoriques et méthodologiques

Année

2002

Numéro

ET0210

Édition

Centre de recherche sur les innovations sociales

Résumé

Notre exposé tentera de montrer l’importance des innovations sociales et par suite la contribution incontournable des sciences humaines et sociales fondamentales et appliquées dans les parcs scientifiques et techniques tels qu’ils existent présentement. Cela pourrait conduire à élargir le concept de parcs scientifiques et technologiques pour y inclure les parcs et les agglomérations d’entreprises qui misent autant sinon plus sur les innovations sociales que sur les innovations technologiques. Enfin, si notre analyse est correcte, il s’ensuivrait que les impacts des parcs scientifiques et techniques seraient plus larges que ceux généralement avancés. Notre argumentation consistera à montrer premièrement que les parcs scientifiques et techniques s’inscrivent pleinement dans un nouveau modèle de développement, deuxièmement qu’ils font appel non seulement au marché mais à une diversité de modalités de coordination de leurs activités et troisièmement que les innovations technologiques sont inséparables des innovations sociales de sorte que la contribution des sciences sociales et humaines apparaît incontournable. En conclusion, nous tenterons de dégager quelques pistes pour une évaluation plus exhaustive des impacts des parcs scientifiques et techniques. Notre principale conclusion est relativement simple : les parcs scientifiques et technologiques sont des innovations sociales dont l’objectif relativement commun est de tirer avantage d’une manière inédite des résultats de la recherche universitaire, étant bien entendu que chacun d’entre eux porte des objectifs bien spécifiques. Si les premiers parcs scientifiques et technologiques sont apparus dans l’entre-deux-guerres, il a néanmoins fallu attendre les années 1980 pour que cette innovation sociale se diffuse à large échelle, une période où innovations technologiques et innovations sociales sont de plus en plus intimement liées. Cette conclusion permet de poser autrement la question des impacts des parcs scientifiques. En effet, les recherches réalisées jusqu’ici ont tendance à conclure que les parcs scientifiques et technologiques sont plus souvent qu’autrement des demi-succès et qu’il faut attendre parfois deux décennies avant que le nombre d’emplois produits soit clairement significatif (Martineau, Poitras et Trépanier, 1999). Même si cela est exact pour bien des cas, nous pensons que les impacts de ces parcs sont beaucoup plus larges et diffus. Cependant faute de ne pas avoir complètement compris l’originalité que représentent ces initiatives et la diversité de leurs pratiques, les parcs scientifiques et technologiques ne produisent sans doute pas tous les impacts dont ils sont capables. À cet égard, la contribution des sciences sociales et humaines pourrait permettre de tirer pleinement avantage de cette innovation sociale que constitue le parc scientifique et technologique. En conséquence, nous ne demandons pas aux parcs scientifiques et technologiques de renoncer à leur métier principal, mais nous les invitons simplement à faire davantage appel à l’expertise des sciences sociales et humaines (SSH) et à tisser des liens conséquents, y compris avec le monde universitaire et la société civile. Cette ouverture qui pourrait leur permettre d’être plus innovateurs, plus performants et plus utiles socialement, passe par la prise de conscience de la dimension sociale de l’économie et du caractère indissociable de l’innovation sociale et de l’innovation technologique.