Cohabitation intergénérationnelle et logement supplémentaire dans les banlieues de Québec : projets de familles et règles d'urbanisme

Collection

Études théoriques et méthodologiques

Année

2004

Numéro

ET0404

Édition

Centre de recherche sur les innovations sociales

Résumé

Cette recherche s’intéresse aux stratégies résidentielles qui consistent en l’ajout d’un logement supplémentaire aux maisons unifamiliales de banlieue en vue d’une cohabitation intergénérationnelle. Le logement supplémentaire y est défini comme une unité d’habitation autonome, attenante à une maison unifamiliale ou construite à l’intérieur de cette dernière. Une enquête qualitative a été menée auprès de responsables de l’urbanisme dans cinq arrondissements ou municipalités de la conurbation de Québec afin d’obtenir des renseignements sur la réglementation municipale et les avantages et inconvénients perçus eu égard à ce type d’arrangement résidentiel. En outre, des entretiens semi directifs ont été réalisés auprès de 36 personnes, appartenant à 26 ménages, membres de 15 familles distinctes ayant expérimenté la cohabitation intergénérationnelle dans des maisons unifamiliales réaménagées à cette fin. Les témoignages recueillis ont trait aux motivations, aux démarches effectuées, aux difficultés rencontrées et aux avantages et inconvénients perçus avant et après la cohabitation. L’étude permet de conclure que la réglementation municipale en matière de zonage et d’intégration architecturale constitue un élément important dans la prise de décision des ménages désireux de cohabiter. Par ailleurs, l’ajout d’un logement supplémentaire pour fins de cohabitation entre apparentés est le fait de ménages liés au préalable par une forte proximité affective. Lorsque le projet est mené de manière participative, il répond généralement aux attentes des personnes concernées, qui y voient plusieurs avantages aux plans de la sécurité, des finances, de la sociabilité, de la vie quotidienne, de la qualité du cadre bâti et de l’espace ainsi que de la santé. Un seul inconvénient ressort de manière significative : une perte d’intimité qui peut aller jusqu’à causer des frictions si les espaces réservés à chacun des ménages impliqués sont insuffisamment délimités. On note également l’absence de programmes publics pouvant faciliter le financement de tels projets, les coûts étant pour le moment totalement absorbés par les ménages concernés.