Théories de la satisfaction au travail
Collection
Études théoriques et méthodologiques
Année
1992
Numéro
ET9205
Auteur
Sous la direction de
Benoît Lévesque
Édition
Centre de recherche sur les innovations sociales
Résumé
Ce texte présente quatre théories sociologiques de la satisfaction au travail: l’Ecole physico-économique (Frederick Winslow Taylor), l’Ecole des relations humaines (Elton Mayo et Frederick Herzberg), les modèles de causalité (les enquêtes statistiques américaines) et l’Ecole critique. Cette dernière approche est développée par l’auteur au terme d’une recherche empirique portant sur la satisfaction des membres dans les coopératives de travail. Les concepts de l’Ecole critique proviennent de théories s’inspirant plus ou moins du matérialisme historique: l’Ecole de Francfort, la sociologie des mouvements sociaux et la théorie de la régulation. Pour la perspective critique, la satisfaction au travail se définit par le bilan que font les producteurs de leur expérience de travail et aussi le sentiment qu’ils éprouvent de se libérer de l’aliénation au travail en instituant des rapports sociaux de coopération et en devenant collectivement propriétaires des moyens de production. L’auteur croit que l’approche critique convient pour saisir les nouvelles aspirations et attitudes des acteurs sociaux en matière de travail salarié et permet de comprendre la satisfaction des travailleurs dans les entreprises autogérées. Les concepts de démocratie, d’autonomie et la présence d’un collectif où se manifestent desliens de solidarité résument l’essentiel des processus sociaux favorisant la satisfaction des acteurs pour les rapports sociaux dans ce type d’entreprises. L’investisssement financier par les travailleurs, le partage des dividendes et la compétence nécessaire à la participation à la gestion déterminent la satisfaction des producteurs pour la propriété collective de l’entreprise. Plus les travailleurs accordent de l’importance au travail pour soi (considération qualitative pour le travail, telles l’utilité sociale, la réalisation personnelle), plus ils apprécient les formes autogérées d’organisation et de propriété du travail. Par contre, les producteurs chez qui dominent une conception du travail en soi (aspects instrumentaux du travail, tels la sécurité d’emploi et les avantages financiers) n’apprécient les entreprises coopératives que si elles complent leurs aspirations.
