Rapport sur les innovations sociales et les transformations sociales

Collection

Études théoriques et méthodologiques

Année

2003

Numéro

ET0313

Édition

Centre de recherche sur les innovations sociales

Résumé

Dans le Rapport annuel de 2002-2001 et dans le Texte joint à la demande de subvention FCAR du CRISES (2001), on identifiait trois (3) axes de recherche principaux qui devaient orienter les recherches futures du centre : le travail, le développement local et les conditions de vie. Le développement rapide du CRISES depuis les dernières années a engendré un nombre considérable de travaux autour de ces trois axes, au risque toutefois de provoquer un certain éclatement de la problématique générale. C’est d’ailleurs pourquoi la mise en commun des travaux du centre est souvent présentée comme l’un des principaux défis que rencontrera le CRISES dans les prochaines années. Ce rapport est donc une première réponse, évidemment partielle, à ce défi commun. Ce rapport comporte deux grandes parties. La première fait un rapide survol des principales théories du changement social et de la problématique générale du CRISES. Nous croyons que peu importe si les chercheurs privilégient le niveau micro ou le niveau macro dans leurs explications sur le changement social, ils se rejoignent au moins partiellement dans cette volonté d’articuler les grands niveaux de la réalité sociale. C’est pourquoi on peut faire l’hypothèse que c’est autour de cette interdépendance complexe des niveaux de la réalité sociale, ce dont rend compte l’idée d’une structuration des innovations sociales, que l’on peut situer la « personnalité » théorique du CRISES. Ce faisant, le présent rapport se veut être l’amorce d’une réflexion sur ce qui peut faire l’originalité du CRISES dans le monde de la recherche actuelle. Nous analysons, dans la deuxième partie, comment les chercheurs du CRISES ont abordé ce problème fondamental de la structuration des innovations sociales. Nous avons repris les trois dimensions du système social identifiées dans la problématique générale du CRISES, c’est-à-dire les organisations, les institutions et les rapports sociaux, pour en faire ressortir les principales implications pour une théorie des transformations sociales. À cela nous avons ajouté, notamment parce que certaines études accordent de plus en plus d’importance aux réseaux, le niveau des interactions sociales qui, selon nous, ne peut être assimilé à celui des organisations. Nous consacrons ainsi une partie à chacun de ces quatre niveaux du système social. À l’intérieur de chaque partie, nous suivons à peu près le même argument. Premièrement, chaque niveau possède une autonomie relative, et donc une logique d’action qui lui est propre, ce qui lui permet d’orienter, accélérer ou freiner les processus de changement sociaux. Deuxièmement, la logique d’un niveau ne peut être étendue à l’ensemble du système social et doit composer avec les logiques concurrentes que l’on retrouve dans les autres niveaux. Ainsi, comme nous l’affirmons en conclusion, une étude des transformations sociales implique une combinaison de diverses approches pour rendre compte de la dynamique d’autonomie et de dépendance de chacun de ces niveaux du système social. Ceci étant dit, cela ne peut se faire par la simple agrégation de recherches indépendantes, mais par l’effort d’une réflexion véritablement collective.