Transformations du travail / transformations des frontières des « systèmes » de relations industrielles
Collection
Études théoriques et méthodologiques
Année
2006
Numéro
ET0606
Auteur
Guy Bellemare
Louise Briand
Édition
Centre de recherche sur les innovations sociales
Résumé
« Les frontières mêmes des organisations sont moins clairement définies » (Appel de commnunications de l’ACRI 2005). Ce texte prend appui sur cet énoncé pour en élargir la portée à tout le champ de la pratique des relations industrielles et en proposer certaines de ses conséquences pour le champ scientifique. À partir d’une revue de littérature et de nos propres études de cas (transport en commun, centres de la petite enfance), nous montrons que le phénomène de « mouvance » des frontières, ne se limite pas aux frontières des entreprises, mais aussi à celles du syndicalisme, de la carrière, de la notion de travail, des systèmes de relations industrielles, etc. Cette argumentation nous amène à montrer les limites de la théorie orthodoxe des relations industrielles, i.e., la théorie stratégique de Kochan, Katz et Mckersie (1986). Nous présentons sommairement la théorie structurationniste (Giddens 1987), plus particulièrement, dans cette conférence, seulement le nouveau mode d’analyse des frontières des systèmes de relations industrielles qui en découle et qui permet de répondre aux fluctuations accrues des divers sous-champs empiriques et théoriques des relations industrielles, tout en étant apte à reconnaître les champs et sous-champs caractéristiques des périodes historiques précédentes et des autres théories des relations industrielles. Formulé autrement, nous proposerons que l’étude des relations industrielles a toujours exigé (sans que cette exigence soit atteinte) et exige de plus en plus de déplacer l’accent de l’étude du système de relations industrielles vers l’étude de la systématisation des systèmes de relations industrielles. Dans cette nouvelle approche définitionnelle, les frontières du SRI sont à la fois les conditions et les résultats des actions des divers acteurs sociaux qui interviennent dans le domaine du travail, ce domaine du travail étant lui-même défini au cours de ces processus d’interactions.
