Usine Grande-Baie : ou "La grande illusion"

Collection

Études théoriques et méthodologiques

Année

1993

Numéro

ET9306

Édition

Centre de recherche sur les innovations sociales

Résumé

Première d’une nouvelle génération d’usines de production d’aluminium au Québec, l’usine Grande-Baie de l’Alcan au Saguenay, mise en opération à l’aube des années quatre-vingt, illustre remarquablement la « southern strategy ». Implantée dans une région fortement syndiquée, la direction de l’usine Grande-Baie adopte une stratégie de substitution à l’égard du syndicalisme, notamment en payant des salaires supérieurs à ceux des usines syndiquées, en ayant procédé à une sélection rigoureuse de la main-d’oeuvre et en se réclamant des nouveaux modes de gestion et d’organisation du travail. L’étude en profondeur de la gestion et de l’organisation du travail révèle un écart énorme entre le discours de la direction et ses pratiques concrètes. Élimination du syndicalisme, d’une part, et accroissement du contrôle de la direction ainsi que déqualification, d’autre part, composent un modèle de travail original qui se veut une réponse à la crise du rapport salarial fordiste. Cette monographie a été réalisée dans le cadre de notre thèse de doctorat (Le rapport salarial, l’automatisation et la crise dans la production de l’aluminium Étude comparative: Québec. Canada. Etats-Unis et France. Université du Québec à Montréal, Département de sociologie, décembre 1991). Pour en savoir plus long sur la méthodologie et sur la problématique, nous prions le lecteur de bien vouloir s’y référer.